Zéro pesticide

Cartographie de l’ « Objectif zéro pesticide en Île-de-France »


Carte zéro pesticide mai 2015

Les pesticides (biocide, désherbants, insecticides, fongicides…) figurent parmi les principales causes de perte de la biodiversité en Île-de-France. Si la responsabilité incombe en grande partie à l’agriculture intensive et la gestion des infrastructures de transports, les collectivités, les entreprises et les particuliers utilisent également ces produits en zone non agricole, ce qui a un impact certain sur l’environnement et sur la santé humaine. Or, lorsque ces substances sont employées en milieu urbain, fortement imperméabilisé, elles sont massivement entrainées par la pluie vers les rivières et altèrent la ressource en eau potable. Elles provoquent inévitablement de profondes modifications de l’environnement.

La question de l’arrêt de l’usage des pesticides est au centre des politiques publiques depuis plusieurs années maintenant. La réglementation actuelle contraint déjà fortement l’usage des pesticides en zones non agricoles (arrêté du 12 septembre 2006 et arrêté du 27 juin 2011) en en interdisant l’usage de la plupart à proximité des établissements scolaires ou de santé et en obligeant à des mesures drastiques d’information et d’éviction du public des zones traitées. La loi Labbé sur l'utilisation des produits phytosanitaires, parue au Journal officiel du 8 février 2014, vient de plus interdire sous certaines conditions l'utilisation de produits phytosanitaires par les personnes publiques et les particuliers. Ainsi à partir du 1er janvier 2020, il sera interdit aux personnes publiques d'utiliser des produits phytosanitaires pour l'entretien des espaces verts, de forêts et de promenades, et, à compter du 1er janvier 2022, de la mise sur le marché, de la délivrance, de l'utilisation et de la détention de produits phytosanitaires pour un usage non professionnel. Si la réglementation semble aller dans le bon sens, qu’en est-il de son application, tout particulièrement en Île-de-France ? 

En arrêtant l’usage des pesticides sur les espaces dont elles ont la charge, les collectivités agissent d’abord sur la protection de la santé de leurs agents et des habitants mais elles diminuent aussi leur impact sur l’environnement, la biodiversité et la qualité de l’air et de l’eau, et, par leur exemplarité, elles jouent un rôle de prescripteur, de relais en direction de leurs administrés particuliers ou entreprises. Si dans les espaces verts et le fleurissement, l’usage des pesticides diminue (respectivement 77 % et 82 % des collectivités renseignées n’utilisent plus de pesticides sur ces espaces), il reste encore courant sur les terrains de sport (38 %), et la voirie (48 %) voir même majoritaire sur les cimetières, pour lesquels plus de la moitié des collectivités enquêtées déclarent utiliser des herbicides, insecticides ou fongicides (65 %). 

Si ces chiffres semblent démontrer une mobilisation réelle des collectivités franciliennes pour tendre vers le « zéro pesticide », il montre aussi qu’un très grand nombre de ces collectivités ont des pratiques qui les placent aujourd’hui à l’évidence dans l’illégalité, et exposent leur autorité exécutive comme leurs techniciens à des poursuites pénales.


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