Agriculture urbaine et fonctions écologiques

L’agriculture urbaine est une composante essentielle de la nature en ville. Elle vient compléter la palette d’initiatives toujours plus diverses et innovantes : murs et toitures végétalisés, parcs et jardins urbains, systèmes de gestion pluviales par noues, mares et bassins de phyto-épuration. Pour les écologues et les naturalistes, si ces démarches confirment le potentiel des villes à mettre en œuvre des stratégies de reconquête de la nature, elles soulèvent aussi de nombreuses questions. 
D’une part, comment faire cohabiter, dans une stratégie d’ensemble, des éléments de nature cultivée ou gérée, avec des espaces à plus forte naturalité où le laisser-faire et la spontanéité sont tout aussi essentiels à la biodiversité urbaine et la préservation de son potentiel évolutif. C’est notamment par le biais des documents d’urbanisme que l’on peut trouver un équilibre entre différentes formes de nature. 
D’autre part, dire que l’agriculture urbaine est favorable à la biodiversité ne va pas de soi. Associer quelques plants de légumes, un nichoir et deux ruches n’implique pas nécessairement un bon fonctionnement de l’écosystème. D’autres facteurs entrent en ligne de compte, comme le choix des espèces cultivées, leur diversité aussi bien génétique que spécifique, les sols sur lesquels elles poussent, et enfin, la capacité du système agricole à s’auto-entretenir dans le temps, sans forcément beaucoup d’intervention humaine. 
Combien de jardins ne survivent que par les perfusions d’engrais qu’ils reçoivent, du fait de plantes inadaptées au contexte local ou un mauvais sol au départ ? Combien de pesticides utilisés au lieu de valoriser la diversité floristique et celle des pollinisateurs ? Le degré d’ingénierie civile et technologique peut aussi influencer la biodiversité. Entre une ferme hydroponique et un jardin en permaculture, les différences sont significatives ! 
A ce titre, un des défis consiste à faire de la biodiversité un élément central de la conception des systèmes, aux différents niveaux (génétiques, spécifiques et fonctionnels) et pas seulement un attribut « à la marge ». Les apports de l’écologie scientifique, et notamment de l’écologie fonctionnelle, constituent une boite à outil précieuse pour améliorer la contribution de l’agriculture urbaine à la reconquête de la biodiversité et des fonctions écologiques en milieu urbain.


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