Agriculture urbaine et biodiversite

«L’agriculture urbaine peut elle contribuer à reconquérir la biodiversité et les fonctions écologiques de la ville » ?
Ce questionnement est à mettre en perspective avec l’urbanisation croissante de l’Île-de-France, notamment de Paris et de sa petite couronne qui ne cesse de s’étendre. Les estimations les plus fortes prédisent  que trois millions de nouveaux franciliens viendront s‘ajouter aux douze millions actuels d’ici 2050. Cette poursuite de l’extension de la métropole a pour effet l’érosion continuelle de la biodiversité ordinaire comme remarquable (disparition des espèces et perturbation du fonctionnement des écosystèmes). Un phénomène qui ne cesse d’inquiéter alors que les recherches scientifiques comme les expérimentations confirment régulièrement le besoin urgent de renforcer les fonctions écologiques urbaines.

Par ailleurs, l’impact des villes sur le climat n’est plus à démontrer. Le renforcement de la nature dans les villes permettra aux régions ultra urbanisées d'accentuer leur résilience (et donc leur adaptation aux bouleversements climatiques).

Dans ce contexte, l’'agriculture urbaine est aussi un des vecteurs pour ramener une nature souvent réduite à sa portion congrue dans nos Cités et réussir ainsi à rendre celles-ci plus robustes à l’avenir.

Pour autant, tout n'est pas simple quand il s'agit de nature en ville. Chaque initiative doit s'insérer dans une cohérence d’ensemble. La végétation ne se maintient pas sans un sol vivant, lui-même tributaire de sa propre biodiversité (vers de terre, bactéries, micro-organismes) eux mêmes fondamentalement dépendants du cycle de l’eau et de celui des nutriments dont ils participent. Remettre de la nature en ville, c’est bien sûr replanter, reverdir, accueillir les espèces mais c’est aussi rétablir des dynamiques à plusieurs échelles.

La même question se pose à propos de l'agriculture urbaine ? Que va-t-on faire pousser ? Quelles semences seront utilisées ? Sera-t-elle écologique si elle consomme beaucoup d’intrants chimiques, d’eau ou d’énergie ? Va-t-elle utiliser de la terre végétale importée ou sera-t-elle l’occasion de redonner aux sols des propriétés biologiques perdues par l’urbanisation ?

Face à ces questions, l’Observatoire de l’agriculture et de la nature en ville s'intéresse à toutes les formes d'agriculture urbaine, de la jardinière au jardin partagé, en passant par les jardins pédagogiques, les toitures, les friches ou les cours d'immeuble. Cette observatoire a vocation à produire des indicateurs à la fois cartographiques, mais aussi de mieux connaître les pratiques des jardiniers urbains et d'évaluer les effets de celles-ci sur la biodiversité, directement ou indirectement, à travers cinq grands axes :

1.le maintien ou la création de corridors écologiques à l’échelle locale (quartier, parcelle)
2.le maintien ou la restauration d’une biodiversité cultivée et de savoir-faire locaux
3.la création d’habitats favorables pour les espèces locales
4.le maintien ou la restauration des processus écologiques du sol (fertilités, cycles biogéochimiques, cycle de l’eau, maintien de la structure, perméabilité, activité bactérienne)
5.la réduction de l’empreinte écologique: consommation de ressources naturelles, eau, énergie, intrants organiques et inorganiques, circuits de distributions, déchets, denrées alimentaires et leurs flux respectifs

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